NEGRITUDE   AGONISTES

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NEGRITUDE AGONISTES

                                                                 by                                                    
                                                   Christian Filostrat

                                     http://www.amazon.com/-/e/B001JS28AC

 

 "Christian Filostrat published a book that contains negri­tude’s missing link: an article by Césaire in L’étudiant noir, number 3, May-June 1935. Published in the year of Césaire’s death, Filostrat’sbook, Negritude Agonistes: Assimilation against Nationalism in the French-Speaking Caribbean and Guyane, reproduces the key sections of this issue, including the essay by Césaire in which he uses négri­tude for the first time: “Conscience raciale et révolution sociale” ‘Racial Consciousness and Social Revolution.’"

 «Christian Filostrat a publié un livre qui contient le chaînon manquant de la négritude: un article de Césaire dans L'étudiant noir, numéro 3, Mai-Juin 1935. Publié l'année du décès de Césaire, le livre de Filostrat, Négritude Agonistes: Assimilation against Nationalism in the French-Speaking Caribbean and Guyane, reproduit des sections clés de cette question, y compris l'essai de Césaire dans lequel il utilise la négritude pour la première fois: «La conscience raciale et la révolution sociale.»
The (Revised) Birth of Negritude: Communist Revolution and "The Immanent Negro" in 1935 by Christopher L. Miller, Yale University in MLA Journals > PMLA > Vol. 125, No. 3 Citation (pp. 743 -749) 

 

 

 

L'Etudiant Noir

 

 Leon Damas gave me this copy of the volume 1, number 3 issue (May - June 1935) of L'Etudiant Noir, distinguished for being Aimé Césaire’s first setting for his use of the word négritude. I have included several pages of this issue of L’Etudiant Noir with commentaries in Negritude Agonistes. From time spent with Césaire, and our discussions in Paris and Fort de France, I am convinced he became familiar with the word (common in 19th and early 20th century America) from a  dictionary while translating Richard Wright's poems for L'Etudiant Noir. Wright became one of his best friends in Paris when Wright moved there.


I was carrying Damas’s ashes to Guyane and made a stop in Fort de France. Césaire was at the airport to meet me and we exchanged our experiences with the cremation procedures of dear friends. In my case it was that Marietta Damas had had it with people moving her husband and she gave me specific directions. One of them was that Damas should not be moved anymore; he should be cremated in the massive oak casket (that Houphouet Boigny had paid for.) In Southeast Washington, DC, the cremation technician, to show me he was following instructions to the letter, opened the door of the oven; then lifted the lid of the casket for me to see that he had moved nothing; even the roses that Marietta had placed on the body were still there. The procedure of cremation had already started and I could see blue flames as if from welders torches shooting everywhere, attacking the body. After a moment of reflection, Césaire, in turn, told me his experience with Wright and hearing his friend’s bones explode during the procedure.




L'Etudiant Noir 


Léon Damas m'a donné cette copie du numéro 3 (Mai - Juin 1935) de L'Etudiant Noir, Journal Mensuel de l’Association des Etudiants Martiniquais en France, distinguée pour détenir la première énonciation du mot négritude par Aimé Césaire.

J'ai inclus plusieurs pages de ce numéro de L'Etudiant Noir avec commentaires dans mon livre Négritude Agonistes.

Le temps passé avec Césaire, et nos discussions à Paris et à Fort de France, je suis convaincu qu'il s’est familiarisé avec le mot (ordinaire au 19e et au début du 20e siècle aux Etats Unis) à partir d'un dictionnaire lors de la traduction des poèmes de Richard Wright que Césaire faisait pour être publiée dans L'Etudiant Noir. Wright est devenu l'un de ses meilleurs amis à Paris quand

Je portais les cendres de Damas à Guyane et faisais escale à Fort de France. Césaire était à l'aéroport pour me rencontrer et nous avons échangé nos expériences avec les procédures d'incinération de nos chers amis. Dans mon cas, c'était que Marietta Damas avait marre des gens qui avaient tripoté son mari pendant sa maladie et elle m'avait donné des consignes spécifiques. L'un d'eux était que Damas  devrait être incinéré dans le cercueil en chêne massif (que Houphouët Boigny avait payé.) Dans le sud-est de Washington, DC, le technicien, pour me montrer qu'il suivait les instructions à la lettre, a ouvert la porte du four, puis souleva la couverture du cercueil pour que je vois qu'il n’avait rien touché, même les roses  que Marietta avait placé sur le corps de Damas étaient toujours là. La procédure de la crémation avait déjà commencé et je pouvais voir des flammes bleues, comme si de torches de soudeurs tiraient partout en rafale, en attaquant le corps. Après un moment de réflexion, Césaire, à son tour, m'a dit son expérience avec la crémation de Richard Wright et d'entendre les os de son ami exploser lors de la procédure.




 

         Why did Césaire bring up negritude in 1935 in

L'Etudiant Noir?

                    His case for Racial Consciousness.

 

In 1935 the Communists were hell bent on “Social Revolution” in the colonies under French rule. Césaire, who, until his death in 2008, could not imagine Martinique other than under that rule, thought the Communists alien and misguided.

That being the case, Césaire looked for an expression to demarcate himself from the reality that he was not a white Frenchman. And also to express the fact that he was a black man under European rule. That expression happened to have been negritude. Césaire considered himself French; but he was black, too. How could he agree that his forebears were the Gaulles as he was made to say in elementary school? Assimilation bothered him; it was a deathtrap. Very young he came to appreciate that assimilation was a formula for the disappearance of who he was. He remained true to that anti-assimilation credo all his life and articulated his sense of self by proposing autonomy for Martinique, i.e., negritude.

(It's interesting when one looks at Césaire's career that it was in opposition to the Communists' call to the colonies to rise up under their banner that the term negritude was first expressed. "Racial Consciousness" is an argument against the Communists. When Césaire decided to quit the Communist party in 1956, he wrote his famous Letter to Maurice Thorez. That is exactly along the same lines, a repetition of his 1935 Racial Consciousness and Social Revolution.) 


Page 123 and on of Negritude Agonistes, Cesaire's article in L’Etudiant Noir,
Conscience Racial et Revolution Social, expresses Césaire’s virulent disagreement with what the Communists stood for.


At 22,Césaire couldn't see how "Social Revolution" would take place unless the people in the colonies stopped running away from their race (acceptance of oneself in order to have a place among the peoples of the world) and adopt their négritude. Against this new trend for "Social Revolution," Césaire proclaimed the primacy of "Racial Consciousness" and, in the process, used the word négritude, which in almost a century has been the subject of much debate and all sorts of interpretations. The rewriting of négritude baffled Césaire. 



           Pourquoi Césaire a-t-il sorti la négritude en 1935 


 dans L'Etudiant Noir?  

 
                         Besoin de Conscience Raciale

 
En 1935, les communistes étaient ancrés sur la «Révolution Sociale» dans les colonies sous domination française. Césaire, qui, jusqu'à sa mort en 2008, ne pouvait pas imaginer la Martinique autrement que française, était conscient que les communistes avaient un ordre du jour axé sur leurs intérêts propres, hostiles a la « Conscience Raciale » et donc hostiles aux intérêts des noirs aux colonies. 
 
Cela étant le cas, Césaire avait besoin d'une expression tous azimuts pour se démarquer de la réalité qu'il n'était pas un Français blanc. Et aussi pour exprimer le fait qu'il était un noir sous domination européenne. Cette expression a été la négritude. Même si français, Césaire était noir. Comment, par exemple, pouvait-il répéter que ses ancêtres étaient gaulois, comme il avait été obligé de le faire à l'école?

L’assimilation le gênait car l'assimilation barrait la route aux Nègres. Très jeune, il a compris que l'assimilation était un piège, une formule consacrée à la disparition de qui il était. Il est resté fidèle au credo de l’anti-assimilation toute sa vie et a exprimé le sentiment de qui il était en proposant l'autonomie pour la Martinique, à savoir, la négritude.

(Il est notable quand on examine la carrière de Césaire que c’est en opposition à l'appel aux colonies des communistes martiniquais de se soulever sous leur bannière que l’expression négritude a été formulée pour la première fois. «Conscience Raciale» est une plaidoirie contre les communistes. Quand Césaire a rompu avec le Partie Communistes en 1956, il a écrit sa fameuse Lettre a Maurice Thorez. Cette lettre est dans la même lignée exactement, une répétition de Conscience Raciale et Révolution Sociale de 1935.    
 
La page 123 et autres de Négritude Agonistes, l’article d’Aimé Césaire dans L'Etudiant Noir, « Conscience Raciale et Révolution Sociale, » montre la virulence de Césaire contre ce que les communistes représentaient.

À 22 ans, Césaire ne pouvait pas concevoir de «Révolution Sociale» à moins que les colonisés cessent de fonctionner en dehors de leur race (acceptent et défendent ce qu'ils sont afin d'avoir une place parmi les peuples du monde) et adoptent leur négritude. Face à la tendance pour une « Révolution Sociale» des assimilationnistes communistes, Césaire a proclamé la primauté de la «Conscience Raciale » et, se faisant, s’est servi du mot négritude qui, près d'un siècle, a fait l'objet de beaucoup de débats et de toutes sortes d'interprétations. La réécriture de la négritude a laissé Césaire perplexe.




Césaire or Senghor

 

Negritude Agonistes is a négritude primer written around the beginning of what became a movement of sort with the publication of volume 1, number 3 issue (May - June 1935) of L'Etudiant noir, Journal Mensuel de l’Association  des Etudiants Martiniquais en France 

I was in Senegal, from 1980 until 1983, and met with President Senghor several times. Césaire and Senghor couldn’t be more different. Césaire exuded charisma and had an extraordinary gift of speech that a French academician said that when he spoke French grammar smiled. He wrote the way he spoke. And he didn't mind having a good time. Women loved this guy. Only Senghor was surprised that he lost the woman to whom he was engaged to Césaire.  Unlike Césaire, Senghor was obsessively guarded. Unless the subject was the Arabs, getting a rise out of him was like pulling teeth. He was priestly, and wrote his poems Leon Damas told me with a dictionary. And where Césaire was at ease anywhere, Senghor was at ease only where the French were. Every single time I met with him that’s the thing that struck me the most – how French he was. 

Yet, in L’Etudiant Noir, the influence of Senghor on Césaire is unmistakable. In the article, Conscience Racial et Révolution Sociale, in which Césaire brings out négritude, universality is what predominates. 

Césaire’s article is followed by Senghor's Racisme? Non, mais Alliance spiritual (page 124 in Negritude Agonistes) in which Senghor, who signs, L. Sedar Senghor, provides the ideology. Indeed, more than any other, Senghor is the one who created a philosophy out of negritude and held its banner high. 


Césaire ou Senghor


Négritude Agonistes est écrit autour du début de ce qui est devenu une sorte de mouvement avec la publication du volume 1, numéro 3 (Mai - Juin 1935) de L'Etudiant noir, Journal Mensuel de l’Association des Etudiants Martiniquais en France 

J'étais au Sénégal, de 1980 à 1983, et j’ai eu l’occasion de rencontrer le Président Senghor plusieurs fois. Césaire et Senghor ne pouvait pas être plus différent. Césaire était le charisme personnifié et avait un don extraordinaire de la parole. Il écrivait come il parlait. Et cela ne le dérangeait pas de «laisser le bon temps rouler.» Les femmes aimaient ce gars-là. 

Contrairement à Césaire, Senghor était gardé. A moins que le sujet ne soit les Arabes, obtenir une hausse de ton de lui était comme arracher des dents. Il était sacerdotale, et écrivait ses poèmes Léon Damas m’a dit avec un dictionnaire. Et où Césaire était à l'aise partout, Senghor n'était à l'aise que quand les Français y étaient. Chaque fois que je le rencontrais c'est ce qui me frappait le plus - la façon dont il était Français, le niveau de sa francaisité (L'ouvrage de Pathé Diagne, LÉOPOLD S. SENGHOR OU LA NÉGRITUDE SERVANTE DE LA FRANCOPHONIE, publié chez L'Harmattan, montre comment Senghor qui était ababa devant les français a permit la conversion de la négritude en une arme française. )

Pourtant, dans L'Etudiant Noir, l'influence de Senghor sur Césaire est indubitable. Dans l'article de l’Etudiant Noir, Conscience Raciale et Révolution Sociale, dans lequel Césaire met en évidence la négritude, l'universalité est ce qui prédomine.

L'article de Césaire est suivi de Racisme? Non, mais Alliance spirituelle de Senghor (page 124 dans Négritude Agonistes) dans lequel Senghor, qui signe, L. Sédar Senghor, fournit l'idéologie. En effet, plus que tout autre, c’est Senghor qui a conçu une philosophie a partir de la négritude et porté haut son étendard.   

 

 


« Moi, Damas »

 

 

Damas was as  true a   poet as I am able to picture. His verses came from his guts; they were about him, what he felt and what he had been through. He had no need of a dictionary. I saw him at work on Mine de Rien, a portfolio of 36 poems he completed a year or so before he died. As he was composing them, he 
would ask me to come to his apartment in Southwest  Washington, DC to read them aloud to him. For me, not even Pigment whose poems were first published in L’Etudiant Noir (page 128 in Negritude  Agonistes) is as deep. The tension of Pigment is in Mine de Rien but unlike Pigment so is twice the living - and it  shows. 


The  first poem in the collection, Mine de Riens, is an example: 
          
Mine de riens                
riches               
des seuls seve                
suc
sel de la terre ferme               
aframérindienne               
mienne                
ensemencée                
abreuvée                
nourrie                
du sang                
de la sueur                
de ma peine offerte                
non sans peine                
pour que tout                
pour que fût                
pour que tout soit
et
demeure
non pour
mais en mémoire
de ceux rares
pour qui par tous temps
saisons
a ciel clair ou non
d’un d’une aube a l’autre et
a pelle-pioche
fut ouverte
a jamais
la voie menant a la Mine
Mine
       de
            rien


The entire collection of Mine de Riens is at https://plus.google.com/u/0/102402596214998457124

Toute la collection de Mine de Rien se trouve a 


https://plus.google.com/u/0/102402596214998457124

     

  «Moi, Damas» 



Damas était un vrai poète – aussi naturelle que je puisse l'imaginer. Ses vers sortaient de ses tripes, ce qu'il ressentait, ce qu’il avait vécu et ce qui était autour de lui. Il n'avait pas besoin d'un dictionnaire. Je l'ai vu  au travail sur Mine de Riens, un portefeuille de 36 poèmes qu’il a terminé un an ou deux avant sa mort, je ne me souviens pas exactement. 

Quand il composait Mine de Riens, il me demandait de venir à son appartement dans le sud-ouest de Washington, DC, pour les lire à haute voix pour lui. Pour moi, même pas Pigment ou l'éclair rencontre l'orage, publié premièrement dans L'Etudiant Noir (page 128 dans Négritude Agonistes) n’a le même sens du vécu. La tension de Pigment y est dans Mine de Rien, à la différence qu’il y a deux fois le vécu de l’homme - et on le ressent. ( Chose drôle, Damas ne savait pas faire le punch antillais. Il mélangeait un rhum porto ricain avec du sirop pour crêpe, un mélange infect.) 

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